Otto, autobiographie d’un ours en peluche

de Tomi Ungerer

Livre 181 (roman jeunesse illustré): Otto, autobiographie d’un ours en peluche de Tomi Ungerer aux éditions L’école des loisirs (31 pages) (2001) 🇫🇷 Lecture de mars 2021

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Résumé de 4e de couverture :

« David, un petit garçon juif vivant en Allemagne, reçoit un ours en peluche pour son anniversaire. Il le baptise Otto. Mais un jour David et ses parents sont emmenés par la police. L’enfant parvient à confier son ours à son ami oscar. »

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Mon avis :

Je suis tombée sur cet album par hasard. Un collègue me l’a prêté au boulot, pensant que cela pourrait m’intéresser. Et effectivement, ce petit livre dont je n’avais jamais entendu parler avant m’a touchée. Je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi, mais je trouve qu’il porte en lui un très beau contraste et une sensibilité qui ne laisse pas indifférent.

En même temps, quand on voit l’auteur, Tomi Ungerer, on ne peut pas être surpris à l’idée qu’il propose une histoire aussi belle. Je fais partie des enfants qui ont grandi avec son histoire Les trois brigands que j’ai toujours trouvée incroyable. Il fallait oser placer trois brigands en personnages principaux. Ici, l’auteur fait de nouveau un choix surprenant mais très bien réussi de placer un ours en peluche en personnage principal de l’histoire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette petite peluche toute mignonne nous émeut au cours de ses pérégrinations.

Un petit livre qui se lit vite que je recommande pour son originalité !

Ma note : 18/20

Les + :

Illustration tirée du livre

L’originalité du personnage principal : Comme le titre l’indique, c’est un ours en peluche qui nous raconte son histoire. Et pas n’importe quelle histoire. Le personnage a vécu des situations difficiles : la guerre, les blessures et l’abandon. Et pourtant, sa résilience fait qu’il est toujours là pour en parler.

J’ai trouvé le nounours adorable par le biais des illustrations qui clairement portent l’histoire du livre. On s’attache à cette peluche. Il y a beaucoup d’humour et de fraîcheur au tout début de l’histoire. Je me souviens d’un passage où la peluche est déguisée en fantôme pour effrayer la voisine du dessous. Ce passage m’a mis le sourire aux lèvres. Puis peu à peu la dure réalité de la vie rattrape le nounours et ses maîtres. On s’indigne et on s’attriste quand Otto subit un sort horrible. On passe sans cesse du sourire aux larmes. Puisque c’est un livre destiné aux enfants et que le sujet abordé est grave, l’auteur a choisi d’offrir une fin heureuse à cet ours en peluche pour notre plus grand plaisir.

L’innocence confrontée aux cruautés de la guerre : Tomi Ungerer a eu cette bonne idée d’utiliser un personnage symbolisant la pureté et l’innocence. Quoi de plus innocent qu’un ours en peluche ? Cela lui permet de critiquer encore plus la guerre, en dévoilant ce contraste saisissant entre la douceur de la peluche et les horreurs et la violence des bombardements. L’action prend place au cœur de la Seconde Guerre mondiale, et on vit des passages clefs de cette guerre à travers le regard innocent d’Otto : les rafles de Juifs, les bombardements des villes, les blessures de guerre, les violences urbaines, la pauvreté et la misère. Bref, tout est prétexte pour aborder des thèmes graves à travers l’innocence de cette peluche. Le pire, je crois, c’est cette illustration où on voit un soldat tenant le nounours se faire canarder à travers lui. C’est le passage qui m’a le plus marquée je pense. Une scène assez violente que je ne m’attendais pas à voir dans un album jeunesse. Je salue l’audace de l’auteur pour ce choix.

Illustrations extraites du livre

L’histoire touchante des humains autour de l’ours : Bien entendu, il n’y a pas que la peluche Otto qui est touchante. L’histoire de ses deux maîtres m’a émue, de même que celle de ce soldat américain qui a été sauvé grâce à l’ours en peluche, ou encore cette femme SDF qui récupère Otto dans une poubelle. Bref, que de belles personnes qui participent à la résilience de l’ours en peluche et qui apportent une touche de tendresse et de bienveillance dans un monde où la violence n’est jamais loin.

Les – :

La brièveté du livre : Le seul reproche qu’on pourrait fait à ce livre est sa brièveté. En même temps, c’est le défaut de beaucoup de petits albums jeunesse.

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Bilan :

Une histoire très touchante et émouvante qui m’a bouleversée. Quelle belle idée de raconter la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’un ours en peluche !

4 commentaires

  1. J’ai lu Otto en fin d’école primaire, je l’avais trouvé super ce petit album. Ma maîtresse s’en était servi pour nous expliquer la seconde guerre mondiale. Ça fait que cet album a un ancrage émotionnel fort en moi.
    Merci pour cette belle chronique. 🙂

    Aimé par 1 personne

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